Ville d'Héraklion
Plan de ville de Heraklion

A voir : fortifications vénitiennes, vestiges, église et loggia vénitiens, fontaine vénitienne, fontaine turque, tombe de Kazantzakis, port, arsenal, parc El Greco, vestiges de thermes romains, Odos 1866, musée archéologique, musée historique et ethnographique.

Heraklion, Crète. Vieux port
Heraklion, Crète. Vieux port

Capitale, plus grande ville de Crète et cinquième plus grande ville de Grèce, sa population est supérieure à 120 000 habitants. Habitée depuis l’époque néolithique, elle est enserrée dans sa massive enceinte vénitienne et n’est pas très pittoresque mais offre beaucoup d’ambiance.

Pendant les quatre siècles de domination vénitienne, beaucoup de bâtiments ont été érigés et sont d’excellents exemples de l’architecture vénitienne de cette époque. Bon nombre d’entre eux existent encore aujourd’hui.

La basilique San Marco et la Loggia en sont deux spécimens alors que la fontaine de Morozini, avec ses quatre lions, a même donné son nom au quartier central de la ville.

Son port, assez grand, est situé à l’Est de la ville. Bien que l’on ait trouvé peu de ruines dans la cité elle-même, c’était probablement le port de Knossos lors des époques minoennes et romaines.

Les Sarrasins la prirent en 824 et la renommèrent en El Khandak (Le Fossé) issu du fossé qu’ils creusèrent tout autour.

Heraklion, Crète. Agios Titos
Heraklion, Crète. Agios Titos

La ville fut reprise par les Byzantins en 961, après plusieurs vaines tentatives. En 1204, les Croisés occupèrent Constantinople et donnèrent la Crète à Boniface de Monferrat qui la vendit aux Vénitiens pour mille pièces d’argent. Sous ce nouveau gouvernement, les arts prospérèrent et « Candia » (nom vénitien) devint un centre d’érudition. Plusieurs savants et artistes se réfugièrent à Candia, après la chute de Constantinople en 1453.

En 1462, les Vénitiens commencèrent la construction des fortifications achevées plus d’un siècle plus tard, longues de 4 km de long, de forme triangulaire et sept bastions. Les Vénitiens construisirent aussi le port et diverses autres oeuvres architecturales. Les murailles prouvèrent leur puissance militaire lors du siège de la ville qui dura 21 ans (un des plus long de l’histoire). La dernière reddition eut lieu en 1669, après la mort de 100.000 Turcs et 30.00 Vénitiens.

La domination turque fut durement ressentie par les Crétois en guérilla continuelle contre ces Turcs qui, en retour, usaient de représailles contre la population crétoise.

Heraklion, Crète. La Loggia
Heraklion, Crète. La Loggia

Héraklion s’agrandit après l’unification à la Grèce en 1913. Cependant, sa position stratégique la transforma de nouveau en cible pour les forces envahissantes en 1941. Lors de la Bataille de Crète, les bombardements allemands, causèrent des dommages importants et après la guerre, la ville fut reconstruite intensivement.

Le centre administratif de Crète fut transféré de Hania à Héraklion en 1971

Les murailles vénitiennes (Enetika Teihi), commencées en 1462 suivant la conception de Michele Sanmicheli, constituent le travail le plus significatif de la fortification de l’île. Longues de 5 km, leur construction a pris presque un siècle alors que le travail complémentaire pour leur expansion durât jusqu’au 17ème siècle. Renforcées par 7 gros bastions et coupée de 4 portes, elles constituèrent une muraille d’une puissance exceptionnelle qui défia pendant 21 ans l’assiégeant turc.

De cette porte, l’avenue Plastira nous amène au point le plus haut de la ville, le Bastion de Martinengo. C’est le seul endroit où le sommet des murailles vénitiennes peut être atteint et Nikos Kazantzakis (né à Héraklion en 1883 et mort à Antibes en 1957), le plus grand écrivain de Crète, y a été enterré.

Heraklion, Crète. El Greco
Heraklion. Jesus chassant les marchands du Temple. El Greco, né à Héraklion

A cause de son point de vue qui n’était pas orthodoxe (démontré dans son livre scandale “La Dernière Tentation”), l’église orthodoxe lui refusat l’inhumation dans un cimetière d’église. Sa simple tombe porte une inscription écrite de sa propre main: « Je n’espère rien, je n’ai peur de rien, je suis libre ». Du bastion, on jouit d’une belle vue sur la ville.

Le Venetiko Limani (port vénitien) termine l’Odos 25 Avgoustou. Protégé par la Rocca al Mare ou Grand Koules, on peut encore y voir les Arsenali vénitiens construits au XVIème siècle pour la construction et la réparation des bateaux, et les ruines de l’église de San Pietro. Actuellement, les Arsenali servent de dépôts.

Le fort de Koulès a été reconstruit entre 1523 (inscription sur la porte nord) et 1540 sous la domination vénitienne. Connu aussi comme « Megalo Koule » ou « Rocca al Mare », il est reconnu comme le meilleur exemple préservé de la fortification vénitienne de la ville. Initialement construit par les Vénitiens au 13ème siècle, il a été détruit par les deux puissants tremblements de terre de 1303 et 1500. Cet impressionnante forteresse de deux étages a logé les autorités portuaires, les prisons et les entrepôts. Quand Iraklio s’est remise de la domination turque, des mosquées ont été établies dans sa cour. Sur ses façades, on peut voir trois reliefs représentant le Lion de Saint Marc mais c’est celui tourné vers la mer qui est en meilleur état. Le second étage sert, en été, de théâtre en plein air. Du château, la vue sur la ville et le port est impressionnante.

Heraklion, Crète. L'église Agios Titos
Heraklion, Crète. L’église Agios Titos

La Platia Venizelou (Place Vénizelou), aussi connue sous le nom de Platia Liondarion (place des Lions) est située au centre de l’ancienne ville et abrite la fontaine Morosini construite en 1628 par les Vénitiens et portant le nom du gouverneur de l’époque (Francesco Morosini). Elle se compose de 8 bassins décorés de figures de la mythologie grecque, de nymphes, de tritons, de monstres de mer et de dauphins et dont le plus élevé est soutenu par quatre lions assis. On dit qu’au centre de la fontaine se trouvait une impressionnante statue de Neptune tenant un trident. La version la plus populaire signale que la statue a été détruite par un tremblement de terre durant la domination turque. Les lions qui la décorent furent construits un siècle plus tôt. Elle a été construite à l’emplacement d’une ancienne fontaine du 14ème siècle pour commémorer l’impressionnante construction vénitienne apportant de l’eau potable à Héraklion depuis le Mont Youktas situé à 15km. On peut encore voir des vestiges de l’aqueduc à Fortetsa et Karidaki. Il est décoré avec des armoiries et des scènes de la mythologie grecque.

Sur le côté Est de la place, à l’opposé de la fontaine, se trouvait la Vasiliki Agiou Markou (Basilique San Marco). Le bâtiment original (1239) a été endommagé par des tremblements de terre. Reconstruite en 1303, elle a été transformé plus tard en mosquée par les Turcs et demeura comme tel jusqu’en 1915. Après d’importantes rénovations, elle est maintenant transformée en salle d’exposition. L’église originale appartenait aux ducs vénitiens et la noblesse vénitienne d’ Héraklion y fut enterrée. Elle était l’église la plus importante d’Héraklion et toutes les cérémonies officielles s’y tenaient. Sa façade est de style vénitien et elle abrite des reproductions de fresques créto-byzantines des XIIIe, XIVe et XVe s.

Heraklion. Cathédrale Agios Minas
Heraklion. Cathédrale Agios Minas

Dans l’Odos Dikeossinis se trouvent les anciennes casernes. Initialement vénitiennes, les casernes de Saint George construites au XVIème siècle furent détruites par les Turcs qui en reconstruisirent de nouvelles en 1883 suivant les plans de l’architecte auteur de l’église d’Agios Minas. La porte nord est la porte originale de l’église Saint François s’élevant à l’endroit où se trouve l’actuel Musée Archéologique.

La Loggia, bâtiment à quatre façades muni d’arcs semi-circulaires situé Odos 25 Avgoustou, a été reconstruite après avoir été lourdement endommagée lors de la Seconde Guerre Mondiale. Centre de rencontre de la noblesse à l’époque vénitienne, elle fut ensuite utilisée comme bâtiment du gouvernement par les Turcs et transformée en mosquée. Un minaret a alors été érigé. Restaurée par la ville, elle sert actuellement d’hôtel et de ville de salle d’exposition. Sur le côté nord de la Loggia se trouve la fontaine de Sagrendo construite en 1602 et possédant une tête de femme défigurée supposée représenter la nymphe Crète, mère de Pasiphae et femme de Minos selon la mythologie Grecque.

Derrière la Loggia se trouve l’église d’Agios Titos, saint patron de la ville. Construite par les Byzantins vers 962, rénovée en 1466, ruinée par un incendie en 1544, convertie par les Turcs en mosquée (elle prend alors le nom de « Vizier Tzami »), elle sera détruite par un tremblement de terre en 1856.

Heraklion, Crète. Son port, la nuit
Heraklion, Crète. Son port, la nuit

Les Turcs reconstruisirent alors une mosquée convertie plus tard par les Crétois en église. Depuis son retour de Venise en 1956, elle contient le crâne de St. Titos, disciple de l’apôtre Paul et du premier évêque de l’île. Les Vénitiens avaient pris le crâne avec eux lorsque la ville tomba aux mains des Turcs en 1669. Le parc El Greco possède des vestiges de thermes romains utilisés jusqu’au début de l’époque chrétienne.

Ce jardin agréable abrite le buste du célèbre peintre El Greco ou de son vrai nom Doménicos Théotocopoulos, peintre espagnol d’origine grecque, né en Crète près de Candia en 1541 et décédé en 1614.

Sur la Platia Agias Ekaterini se trouve la massive Cathédrale d’Agios Minas qui domine la place. Construite en 1895, c’est l’une des plus grandes églises de Grèce et peut contenir 8.000 personnes. L’ancienne église d’Agios Minas se trouve face à la cathédrale et abrite des icônes du XVIIIème siècle.

De l’autre côté de la place se trouve l’église byzantine d’Agia Ekaterini construite 1555 par les Vénitiens et abritant le Musée d’Art Religieux. Au fil du temps, elle subit quelques modifications dont l’adjonction, au XVIIème siècle, d’une impressionnante entrée.

Musée d'Héraklion. Taureau minoen
Musée d’Héraklion. Taureau minoen

Cette église faisait partie d’une Ecole Monastique qui devint un centre intellectuel de l’île. Parmi ses étudiants, notons le poète Kornaros, auteur de l’oeuvre crétoise classique d’Erotokritos, et plusieurs savants théologiens orthodoxes. Les styles de peinture byzantine et de la Renaissance y était aussi enseignés. Finalement, ces deux styles se mélangèrent pour former le style connu sous le nom d’Ecole Crétoise.

La collection du musée rassemble six icônes de Michalis Damaskinos, l’un des notables élèves de l’école et contemporain d’un autre élève connu, Dominikos Theotokopoulos, « El Greco » : (en commençant par le mur ouest) L’Adoration des Mages (2ème), la Dernière Scène (5ème), la Vierge et le Buisson Ardent (8ème), le Christ Apparaît aux Saintes Femmes (9ème), le Concile Oecuménique tenu à Nice en 325 (12ème) et la Liturgie Divine (15ème).

Du haut du boulevard Beaufort part la route qui va vers l’aéroport et l’est de l’île. Au sud de la place, s’élève le buste de Nikos Kazantzakis, écrivain crétois, et lui faisant face, une grande statue représentant Eléfthérios Vénizélos (1864-1930). Entre ces deux ouvrages commémoratifs, s’ouvre la route qui contourne le jardin municipal et conduit à Knossos. Au coin, se dresse une colonne de marbre édifiée en l’honneur de Nikiphoros Phokas, et quelques mètres plus loin, un monument assez important commémorant la résistance crétoise contre les Allemands en 1941.

Le Musée Archéologique, situé odos Xanthoudidou, abrite la plus importante collection du monde d’objets d’art Minoens dont de magnifiques fresques.

Heraklion. Musée archéologique
Heraklion. Musée archéologique

Ses vingt galeries étalées sur deux étages exposent des objets allant de la période Néolithique à la période Greco-Romaine, classés par ordre chronologique. Quelques descriptions en français.

L’Istoriko kai Ethnografiko Mouseo (musée historique et ethnographique), fondé en 1952 par la Société de Recherche Historique de Crète et situé Odos Grevenon, renferme des objets d’intérêt historique, religieux et folklorique. Le sous-sol abrite des vestiges vénitiens et quelques objets turcs.

A l’étage supérieur du musée, se trouve également le tableau  » Vue du Mont Sinai et le Monastère de St. Catherine « , peint vers 1570 par Dominikos Theotokopoulos et seule peinture de lui en Crète.

Source: grecomania